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Les Yogasūtra de Patañjali


Texte philosophique fondateur dont l'influence sur la pratique du yoga est aussi forte aujourd'hui que lorsqu'il a été écrit


Le Yoga sūtra ou Yogasūtra (sanskrit en devanagari : योगसूत्र) de Patañjali est un recueil de 195 aphorismes ou sūtra, phrases brèves destinées à être facilement mémorisées. Ce texte est la base du système philosophique appelé yoga de Patañjali. Cette œuvre, probablement rédigée ou compilée entre 200 av. J.-C. et 500 apr. J.-C., est le texte qui a codifié ou systématisé le yoga et sur lequel s'appuie le raja yoga ou yoga royal.

Les 195 sūtra sont répartis en 4 chapitres (pāda) : Samādhi pāda, Sādhana pāda, Vibhūti pāda, Kaivalya pāda.


Samādhi pāda, chapitre de la concentration qui conduit à la contemplation

Ce premier chapitre est composé de 51 sūtra ou aphorismes. L'auteur y décrit le yoga et ensuite les moyens d'atteindre le samādhi. Ce terme se réfère à un état bienheureux où le yogin est absorbé dans l'unité.


Sādhana pāda, chapitre de la pratique spirituelle

Ce deuxième chapitre est composé de 55 sūtra. Sādhana signifie « pratique d'une discipline spirituelle ». L'auteur décrit deux formes de yoga : kriyā yoga (yoga des techniques) et aṣhṭāṅga yoga, le yoga à huit branches dont les quatre premières correspondent au haṭha yoga.

Le kriyā yoga, ou yoga de l'action est la pratique de tapas (ardeur dans l'ascèse), de svādhyāya (étude des textes sacrés) et de īśvara-praṇidhāna (dévotion au divin). La pratique combinée de ces trois points a pour effet de diminuer l'emprise des cinq kleśa (afflictions). Suivent diverses techniques spirituelles : distinguer l'impermanent du permanent ou encore l'illusion du réel, annihiler le sentiment de son importance ou encore celui de son individualité (ahaṃkāra), méditer, dissocier celui qui voit de ce qui est vu.


L'aṣhṭāṅga yoga

Voici les huit « membres » (aṅga), étapes ou branches du rāja-yoga, telles que recensées par Patañjali dans l'aṣṭhāṅga-yoga :


1- Yama, les devoirs moraux élémentaires envers les autres comme envers soi-même (attitudes justes fondamentales ; les Lois de Manu précisent qu'il faut « que le sage observe constamment les devoirs moraux (Yamas) avec plus d'attention que les devoirs pieux, celui qui néglige les devoirs moraux déchoit même lorsqu'il observe les devoirs pieux ». Ces devoirs sont :

• ahiṃsā : ne pas tuer ou blesser des êtres vivants, en pensées, en paroles et en actes, directement, indirectement ou par consentement (non-violence)

• satya : avoir une vue impartiale des événements, pour le bien de toutes les créatures (vérité)

• asteya : discerner ce qui est légitime de ce qui ne l'est pas (respect de la propriété, absence de vol, honnêteté, probité)

• brahmacharya : « comportement qui mène au Brahman » (contrôle des sens)

• aparigraha : rester libre de superflu et de possessions (non-possessivité)


2- Niyama, se discipliner et se mesurer dans la pratique quotidienne

(« observances/disciplines du corps et de l'esprit ») :

• śauca : propreté et respect externe et interne (pureté)

• santoṣa : prendre les événements tels qu'ils se présentent (contentement)

• tapas : faire preuve d'ardeur et de volonté dans la pratique (discipline

• svādhyāya : l'observation intérieure de la motivation des actes et l'étude des textes sacrés

• īśvara-praṇidhāna, dédier ses actes à Ishvara, au Soi non personnel, l'Être sans naissance ni mort, « l'Être universel, libre d'afflictions, d'actes, de leur réalisation et des graines de l'acte ».


3- Āsana Être fermement et tranquillement assis, dans une posture (âsana) « stable et agréable »


4- Prāṇāyāma, ne plus respirer inconsciemment. Patañjali définit la respiration yogique comme étant longue et fluide.


5- Pratyāhāra, le bien-être non dépendant du conditionnement des sens (harmonisation ou retrait des sens).


6- Dhāraṇa est la concentration (une aptitude à soutenir l'attention sans se laisser distraire) sur l'activité du mental, des émotions, de la posture, ou du souffle. Il s'agit de l'écoute subtile des sensations, de la respiration, des pensées qui passent, ou ne passent pas. Par la concentration, on crée un point d'ancrage permettant à la conscience de dompter et de contenir les flux mentaux pour accéder ensuite à la méditation (dhyâna).


7- Dhyāna, c'est la méditation. Pratyāhāra (retrait des sens) est associée au mental, dhyâna (méditation profonde) est associée à la présence à Soi. Les flux mentaux sont éliminés par la conscience fixée en un seul point grâce à la concentration (dhâranâ) préalable.


8- Samādhi « l'aptitude à devenir un avec l'objet perçu », l'établissement de la conscience, l'état d'unité, l'équanimité. La conscience a rejoint l'Absolu (elle se libère de la Nature/Prakriti et de ses phénomènes), alors que le dhyāna est encore dans la dualité. C'est l'état de contemplation profonde. Mircea Eliade nomme cet état enstase, par opposition à extase.


Vibhūti pāda, chapitre des « pouvoirs » (siddhi)

Ce troisième chapitre est composé de 55 sūtra. Vibhūti est un mot sanscrit pour « pouvoir » (siddhi) ou « manifestation ». Ce livre décrit des états supérieurs de conscience et les techniques de yoga pour les atteindre. Cependant, ces siddhi sont un obstacle sur la voie de la libération (kaivalya).


Kaivalya pāda, chapitre de « la libération » (yogique)

Ce quatrième et dernier chapitre est composé de 34 sūtra. La traduction littérale de kaivalya : « isolation, solitude », est à prendre dans son contexte, comme la plupart des mots sanskrits. Dans son acception technique, il signifie ici « émancipation, libération », il est interchangeable avec mokṣa (« libération »), qui est le but du yoga.

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